Et si le meilleur argument touristique d’un territoire était… ses habitants ?
Et si le meilleur argument touristique d’un territoire était simplement la façon dont ses habitants y vivent et partagent leur quotidien avec celles et ceux qui le visitent ?
C’est la conviction de Laurent Mazurier, directeur des Petites Cités de Caractère. Dans le Livre blanc du Slow Tourisme Lab de l’Aube (France), il défend une vision du slow tourisme qui bouscule plusieurs réflexes bien ancrés dans les stratégies de développement touristique.
Le visiteur vient rencontrer une vie
Pour Laurent Mazurier, le slow tourisme est avant tout une relation. Une relation entre celui qui visite et celui qui accueille. Entre le monde urbain et le monde rural. Entre le temps du voyage et celui du quotidien.
La promesse des Petites Cités de Caractère résume parfaitement cette philosophie : « Venez découvrir comment on vit. Et si cela vous plaît, nous serions heureux que vous reveniez. » Ici, pas de mise en scène. Pas d’artifice. Le visiteur découvre un marché, échange avec un artisan, partage un repas composé de produits locaux ou rencontre un savoir-faire. Le patrimoine se vit au quotidien plutôt qu’il ne se met en vitrine.
C’est cette qualité de vie, authentique et partagée, qui crée l’attachement. Le visiteur ne reste pas simple spectateur. Le temps de son séjour, il devient acteur de la vie du territoire.
Un modèle citoyen, qui renforce les territoires
Cette approche produit des résultats concrets. Plusieurs Petites Cités de Caractère, dans la Drôme, le Buëch, le Perche ou encore certains territoires post-industriels, ont retrouvé une nouvelle dynamique grâce à cette vision. Des projets collectifs ont émergé. Des communes se sont revitalisées. Certains visiteurs ont même choisi de devenir habitants.
Le slow tourisme devient alors un véritable levier de développement territorial. Son impact dépasse largement les seules retombées économiques liées au tourisme.
Le slow tourisme se construit dans la durée
C’est sans doute l’un des enseignements les plus utiles de la réflexion de Laurent Mazurier.
Selon lui, ces approches « nécessitent de travailler sur un temps long, ce qui va à l’encontre de l’immédiateté des pratiques médiatiques ou de nombreuses politiques publiques. »
Le message est clair pour les organismes de gestion de destination (OGD). Les effets d’annonce et les campagnes ponctuelles ne suffisent pas.
Construire une identité de territoire habitée, lisible et partagée demande du temps. Il faut accompagner les habitants pour qu’ils deviennent acteurs de l’accueil. Faire vivre un récit territorial cohérent dans la durée. Il s’agit d’un investissement de fond, bien plus que d’une simple opération de communication.
📸 Photo : Unloved Countries – Pauline et Tim