Slow tourisme : quand les habitants deviennent l’âme du territoire
Et si le meilleur argument touristique d’un territoire était simplement la façon dont ses habitant·es y vivent et partagent leur quotidien ?
C’est la vision défendue par Laurent Mazurier, directeur du réseau Petites Cités de Caractère. Nous l’avons rencontré lors de notre conférence sur la mise en tourisme du patrimoine. Cet événement était organisé le 13 mai dernier dans le cadre du projet Interreg Ardenne Tourisme Lab (ATLab). Son approche bouscule plusieurs réflexes bien ancrés dans les stratégies touristiques.
Le visiteur vient rencontrer une manière de vivre
Pour Laurent Mazurier, le slow tourisme est avant tout une relation. C’est une rencontre entre celles et ceux qui accueillent et celles et ceux qui visitent. C’est aussi un dialogue entre l’urbain et le rural, entre le temps du voyage et celui du quotidien. La promesse des Petites Cités de Caractère résume cette philosophie : « Venez découvrir comment on vit. Et si cela vous plaît, nous serions heureux que vous reveniez. » Ici, pas de mise en scène. Pas de patrimoine figé. Le visiteur découvre un marché, un artisan, des produits locaux ou un savoir-faire vivant. Le patrimoine se vit avant de se visiter. C’est précisément cette qualité de vie qui crée l’attachement. Pendant leur séjour, les visiteurs deviennent pleinement acteurs du territoire.
Un modèle citoyen avant d’être touristique
Cette vision produit des résultats concrets. Dans plusieurs Petites Cités de Caractère — dans la Drôme, le Buëch, le Perche ou encore des territoires post-industriels — cette dynamique a redonné vie à des communes. Elle a également favorisé l’émergence de nombreux projets collectifs. Dans certains cas, des visiteurs sont même devenus des habitant·es. Le tourisme devient alors un levier de revitalisation territoriale, bien au-delà de ses seules retombées économiques.
Travailler sur le temps long
C’est sans doute l’enseignement le plus marquant de la vision de Laurent Mazurier. Selon lui, ces démarches « nécessitent de travailler sur un temps long, ce qui va à l’encontre de l’immédiateté des pratiques médiatiques ou de nombreuses politiques publiques ». Le message est clair. Les effets d’annonce et les campagnes ponctuelles ne suffisent pas. Construire une identité territoriale forte demande du temps. Il faut préserver le patrimoine, accompagner les habitant·es et partager un récit commun. C’est un investissement durable, bien plus qu’une simple opération de communication.
Pour aller plus loin :
- Découvrez l’entretien complet de Laurent Mazurier sur la chaîne YouTube Pro.VisitArdenne.
- L’intégralité de cette vision est développée dans le Livre blanc du Slow Tourisme Lab de l’Aube, disponible en ligne : slowtourismelab.fr

