Terbis asbl : une carte historique interactive
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Quand les habitants cartographient leur propre mémoire

Valorisation du patrimoine local : comment les habitant·es deviennent les meilleur·es ambassadeur·rices de leur territoire

Une carte interactive créée par et pour les habitant·es

Comment valoriser le patrimoine local autrement ? À Sibret, en province de Luxembourg (Belgique), l’ASBL TerbiS apporte une réponse concrète en s’appuyant sur celles et ceux qui connaissent le mieux leur territoire : les habitant·es.

Lors d’une conférence organisée dans le cadre du projet européen ATLAB – Ardenne Tourisme Laboratoire (Interreg), nous avons rencontré cette association citoyenne qui rassemble des passionné·es d’histoire locale. Leur ambition : préserver et transmettre la mémoire du village grâce aux souvenirs, témoignages et anecdotes des habitant·es.

Le résultat est une carte interactive qui retrace l’histoire des maisons, commerces, cafés et activités d’autrefois. Chacun·e peut explorer ces récits selon ses centres d’intérêt… mais aussi contribuer à enrichir cette mémoire collective.

Une initiative inspirante pour le tourisme durable

Au-delà de son intérêt historique, TerbiS montre comment la valorisation du patrimoine local peut devenir un véritable levier de tourisme durable. En impliquant les citoyen·nes, le patrimoine devient vivant, participatif et profondément ancré dans son territoire.

Autre atout : l’association est prête à accompagner d’autres territoires souhaitant développer une démarche similaire. Une belle source d’inspiration pour les professionnel·les du tourisme désireux de créer des expériences authentiques et porteuses de sens.

Pour aller plus loin :

matrimoine touristique
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Le matrimoine : un récit neuf pour redécouvrir son territoire

Le matrimoine touristique, un levier encore largement sous-exploité

Et si la prochaine grande attraction de votre destination était une figure féminine que personne n’a encore vraiment racontée ?

C’est la question que pose Brice Duthion dans un article publié sur etourisme.info. Selon lui, le matrimoine touristique constitue une formidable opportunité pour les destinations. Pourtant, il reste largement absent des stratégies de développement touristique.

Le matrimoine désigne l’héritage culturel, artistique et symbolique transmis par les femmes. Aujourd’hui encore, il demeure peu visible. En France, seulement 2 % des rues portent un nom féminin. Pourtant, les femmes ont façonné les territoires, inspiré des paysages et marqué leur histoire.

Des territoires montrent déjà la voie

Plusieurs destinations ont déjà intégré le matrimoine touristique dans leur stratégie.

À Rennes, la Métropole a inscrit le matrimoine dans sa politique patrimoniale. L’office de tourisme propose des visites guidées consacrées aux figures féminines. De son côté, l‘Écomusée de la Bintinais a créé un parcours mettant en lumière le rôle des femmes dans l’histoire agricole locale.

Dans le Berry, plusieurs partenaires ont créé un « Territoire Sandien » autour de George Sand. L’objectif est double : valoriser l’héritage de l’écrivaine et renforcer l’attractivité touristique. La célèbre « Vallée Noire » est d’ailleurs un nom imaginé par George Sand. Une femme a donc contribué à façonner l’identité même de ce territoire.

Enfin, en Normandie et dans les Hauts-de-France, un projet de recherche-action développe un itinéraire touristique consacré aux femmes de lettres. Cette initiative rassemble des universitaires, des acteurs culturels et des professionnel·les du tourisme.

Une opportunité pour les OGD

Le matrimoine touristique ne constitue pas une simple tendance. Il offre un réservoir d’histoires authentiques, locales et souvent inédites.

Or, c’est précisément ce que recherchent de nombreux visiteurs. Ils souhaitent vivre des expériences porteuses de sens et découvrir des récits singuliers.

Chaque territoire possède des figures féminines méconnues. Il peut s’agir d’une artiste, d’une scientifique, d’une pionnière, d’une résistante ou encore d’une femme ayant marqué la vie locale. Valoriser ces parcours permet d’enrichir le récit territorial tout en proposant une offre plus originale.

Le matrimoine devient ainsi un véritable levier de différenciation pour les organismes de gestion de destination.

Pour approfondir le sujet, retrouvez l’article complet de Brice Duthion sur etourisme.info : « Le matrimoine, de l’angle mort à un levier stratégique ».

📸 : Slaine Grew

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Slow tourisme : quand les habitants deviennent l’âme du territoire

Et si le meilleur argument touristique d’un territoire était… ses habitants ?

Et si le meilleur argument touristique d’un territoire était simplement la façon dont ses habitants y vivent et partagent leur quotidien avec celles et ceux qui le visitent ?

C’est la conviction de Laurent Mazurier, directeur des Petites Cités de Caractère. Dans le Livre blanc du Slow Tourisme Lab de l’Aube (France), il défend une vision du slow tourisme qui bouscule plusieurs réflexes bien ancrés dans les stratégies de développement touristique.

Le visiteur vient rencontrer une vie

Pour Laurent Mazurier, le slow tourisme est avant tout une relation. Une relation entre celui qui visite et celui qui accueille. Entre le monde urbain et le monde rural. Entre le temps du voyage et celui du quotidien.

La promesse des Petites Cités de Caractère résume parfaitement cette philosophie : « Venez découvrir comment on vit. Et si cela vous plaît, nous serions heureux que vous reveniez. » Ici, pas de mise en scène. Pas d’artifice. Le visiteur découvre un marché, échange avec un artisan, partage un repas composé de produits locaux ou rencontre un savoir-faire. Le patrimoine se vit au quotidien plutôt qu’il ne se met en vitrine.

C’est cette qualité de vie, authentique et partagée, qui crée l’attachement. Le visiteur ne reste pas simple spectateur. Le temps de son séjour, il devient acteur de la vie du territoire.

Un modèle citoyen, qui renforce les territoires

Cette approche produit des résultats concrets. Plusieurs Petites Cités de Caractère, dans la Drôme, le Buëch, le Perche ou encore certains territoires post-industriels, ont retrouvé une nouvelle dynamique grâce à cette vision. Des projets collectifs ont émergé. Des communes se sont revitalisées. Certains visiteurs ont même choisi de devenir habitants.

Le slow tourisme devient alors un véritable levier de développement territorial. Son impact dépasse largement les seules retombées économiques liées au tourisme.

Le slow tourisme se construit dans la durée

C’est sans doute l’un des enseignements les plus utiles de la réflexion de Laurent Mazurier.

Selon lui, ces approches « nécessitent de travailler sur un temps long, ce qui va à l’encontre de l’immédiateté des pratiques médiatiques ou de nombreuses politiques publiques. »

Le message est clair pour les organismes de gestion de destination (OGD). Les effets d’annonce et les campagnes ponctuelles ne suffisent pas.

Construire une identité de territoire habitée, lisible et partagée demande du temps. Il faut accompagner les habitants pour qu’ils deviennent acteurs de l’accueil. Faire vivre un récit territorial cohérent dans la durée. Il s’agit d’un investissement de fond, bien plus que d’une simple opération de communication.

Pour approfondir cette réflexion, le Livre blanc du Slow Tourisme Lab de l’Aube est disponible gratuitement en ligne.

📸 Photo : Unloved Countries – Pauline et Tim